Exemples de multilicenciement

Les exemples sont nombreux dans l'histoire du Libre, et quelques-uns seulement furent cités, mais il est possible de citer — à notre échelle — la double licence que nous fûmes amenés à conseiller.

DéKiBulle< est un logiciel « modulaire » en ce qu'il emprunte ces fonctionnalités à diverses autres briques logicielles, toutes sous des licences différentes (Apache, GNU GPL, etc.). Ces licences étaient manifestement incompatibles et aucune issue ne pouvait ressortir des contrats. La première phase fut donc de contacter l'auteur de la brique sous GNU GPL afin de lui proposer une exception sur son logiciel, ou une nouvelle licence avec un copyleft moins fort. La seconde étape fut de trouver une licence qui permet de maximiser la réutilisation, la distribution, et les contributions au logiciel libéré. Une licence avec un copyleft standard semblait donc nécessaire. Les possibilités sont alors multiples, et il fallait faire un choix : afin d'ouvrir un maximum de portes et d'en fermer un minimum, nous choisîmes la double licence CeCILL-C/GNU LGPL. La LGPL était un passage obligé pour ouvrir à un maximum de contributions, la CeCILL-C était l'assurance d'une licence très facilement compréhensible (elle est très inspirée de la MPL), un copyleft parfaitement défini, et la certitude d'une conformité à la loi française.

Dans ce cas précis, le choix d'une double licence CeCILL-C/GNU GPL aurait été sans conséquence en matière de droits accordés à l'utilisateur : la CeCILL-C étant la plus permissive des licences évoquées, elle définit la portée du copyleft aux dépens de la GNU GPL. L'utilisation de la GNU LGPL en lieu et place de la GNU GPL assure toutefois la compatibilité avec une licence supplémentaire — GNU LGPL/GNU GPL/CeCILL-C/CeCILL.

Pour conclure, le choix d'une double licence peut être nécessaire dans certaines situations, comme il peut être volontaire dans le but d'ouvrir un maximum de potentialités à son œuvre.