Combattre les idées reçues

Vous pensez désormais tout savoir sur les licences libres ? Il est temps donc de tordre le coup aux idées reçues et aux rumeurs infondées !

Le libre et l'open source ne sont pas des termes qui sous-entendent gratuit<

Une œuvre placée sous licence libre permet la modification et la diffusion de celle-ci : le commerce n'est donc plus une finalité, mais un moyen, un vecteur, utile à la diffusion de la création. Ainsi, les droits conférés au licencié par la licence libre vont lui permettre, à lui aussi, de distribuer et — au besoin — de vendre lui-même la création ; dès lors, une sorte d'équilibre s'établit rapidement entre sa valeur réelle d'édition et son prix de vente : on ne vend en général qu'à la hauteur de la plus-value, ainsi se crée un cercle vertueux incitant à la multiplication d'apports de qualité. La FSF< (Free Software Foundation) encourage même à vendre ces logiciels au prix voulu (ou plutôt au bon prix). Dans tous les cas, pour chaque liberté que vous vous octroyez, n'oubliez pas d'écrire un petit mot à l'auteur afin de le prévenir de vos modifications, ou distributions. Cela ne vous coûtera que quelques minutes, mais cela représente beaucoup pour l'auteur, sur la portée de son travail, les avancées de son projet, les points à améliorer, etc. : l'utilisateur est aussi acteur dans l'évolution du logiciel.

Une œuvre sous licence libre peut toujours être modifiée par un tiers<

Si la licence attachée à l'œuvre est effectivement libre (ou open source), alors la réponse ne peut être qu'affirmative. Néanmoins, il est souvent nécessaire de vérifier que la licence effectivement appliquée concède bien les libertés qui font d'elle une licence libre. En effet, seule la licence utilisée par son auteur vous donnera l'autorisation de modifier ou non cette œuvre, et des visées commerciales incitent fréquemment des profiteurs à user de la popularité du Libre ou de l'open source sans y adhérer pour autant (voir pour l'exemple le cas de SFM).

Une œuvre placée sous licence libre copyleft ne peut être vendue ou revendue<

Tout comme le droit de modification, seule la licence pourra vous renseigner. Une licence libre ne vous restreindra pas sur ce point, car il s'agit de l'une des libertés qu'elle doit automatiquement inclure : la liberté de redistribuer des copies. Certaines licences interdisant une telle commercialisation de la création (comme la licence Aladin) ne sont ainsi ni libres ni open source. Le fait que la licence soit copyleft ne modifie en rien la possibilité de vendre l'œuvre libre, mais oblige uniquement le licencié à adopter la même licence lors de la redistribution de l'œuvre (modifiée ou non). Elle accentue ainsi le cercle vertueux en facilitant la création de fork : si la création sous licence libre est mal utilisée ou à mauvais escient, alors n'importe qui peut la reprendre pour en faire un autre usage conforme à l'attente de la communauté qui le suivra dès lors.

Une œuvre sans licence est une œuvre libre<

Non, par défaut une œuvre est propriétaire (puisqu'il faut une autorisation pour toute utilisation, distribution, etc.), elle ne sera libre qu'à partir du moment où son auteur décidera de lui adjoindre une licence revêtant cette qualité. C'est elle qui vous éclairera sur vos différents droits. Et si elle n'est pas comprise, ou n'est pas fournie, privez-vous vous-même de vos droits, en attendant d'avoir une meilleure vision de la situation (un mail à l'auteur ou à l'éditeur, une recherche sur son site Internet pourrait par exemple vous donner un début de réponse).

Toute œuvre gratuite est libre<

Non. Malheureusement, aujourd'hui la majorité des œuvres gratuites sont propriétaires (ce que l'on nomme fréquemment les freewares). Vous ne pouvez ni les modifier, ni les redistribuer sans l'accord explicite de leur auteur (une tendance qui commence néanmoins à se renverser).

Les œuvres libres sont de mauvaise qualité ou comportent des malwares (virus, chevaux de Troie, etc.)<

Bien au contraire, les œuvres libres sont souvent très bonnes, de qualité égale - voire supérieure - à leurs homologues propriétaires. Les œuvres développées par projet sont par exemple très vivantes, et les mises à jour peuvent être bien plus rapides que dans le domaine du propriétaire (les exemples de Firefox ou de OpenOffice.org vont dans ce sens). Elles sont de plus beaucoup plus compatible est ne cherchent pas à enfermer l'utilisateur auprès de format propriétaire qu'elles seraient les seules à reconnaître.

Enfin, le fait d'opter pour une œuvre libre vous assure de ne pas être en présence d'une œuvre vérolée, dans la mesure où les sources sont visibles par tout le monde. La tentative d'introduire un virus dans l'une de ces œuvres serait donc vaine.